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7 février 2015 6 07 /02 /février /2015 19:25

07 Février 2015

Les antinucléaires ont donc remporté une grande victoire, la stratégie de transition énergétique intègre désormais l’abandon de cette technologie pour la production de l’électricité. Nous parlons de nucléaire « civil ».

Cet abandon prendra la forme d’un retrait progressif sur une durée qui dépendra de la capacité des énergies de remplacement à pourvoir aux besoins du Pays, l’impératif élémentaire étant de ne pas mettre la France en panne.

Une première phase de cette stratégie consistera ainsi à mettre à l’arrêt vingt réacteurs parmi les plus anciens, sans toucher dans l’immédiat au reste du parc ni au programme EPR de Flamanville qui est le prototype de validation de la génération III+, ni aux programmes d’études d’AREVA et du CEA.

Cette première phase pourrait s’étendre sur deux décennies (Horizon 2030).

Conformément aux règles définies par l’autorité de sureté nucléaire, le démantèlement des réacteurs arrêtés sera entrepris dès la fermeture des sites.

D’autres décisions seront prises à l’issue de cette première phase, en fonction de la montée en puissance des énergies de remplacement.

Les réacteurs dont l’arrêt d’exploitation a été décidée produisent annuellement 120 TWh, soit environ 27% de la production électronucléaire française.

Les projections de la demande interne d’électricité d’ici 2030 ne prévoient pas de diminution significative, bien au contraire, malgré le programme conséquent d’économies d’énergie. La première phase du programme d’arrêt du nucléaire doit donc être accompagnée de la mise en œuvre de moyens de production équivalents dans des technologies basées sur les énergies renouvelables, sur la base de 1MWh pour 1 MWh.

Le calendrier effectif d’arrêt des réacteurs sera donc indexé sur celui de la montée en puissance des énergies de remplacement.

Les technologies de production électrique de remplacement sont connues: Eolien, Solaire photovoltaïque, Solaire thermodynamique, Hydraulique, Thermique ( CCCG) au Biogaz.

La mise en œuvre de ces technologies variées ne peut être entreprise sans un solide programme cadre, seul garant d’une avancée cohérente et d’une bonne coordination des moyens technologiques et financiers.

L’établissement de ce programme a été confié à un consortium regroupant les principaux industriels du secteur de l’énergie sous l’égide du nouveau Ministère de l’énergie dont les compétences ont été recentrées. L’objectif n’est pas la réalisation d’études scientifiques visant à la mise au point de technologies innovantes futuristes, mais l’utilisation de technologies existantes pour construire des installations capables de produire 120 TWh supplémentaires à l’horizon 2030.

Cette production viendra s’ajouter à la production d’électricité déjà existante des énergies renouvelables, qui atteint aujourd’hui 90 TWh avec l’Hydraulique, l’Eolien terrestre et le Photovoltaïque.

Ce surcroît de production de 120 TWh sera réparti entre les différentes technologies.

La stratégie de transition s’appuiera en partie sur le concept d’autoconsommation. En effet, les énergies renouvelables peuvent être exploitées localement: le vent, le Soleil, la biomasse, les déchets organiques, sont disponibles partout et permettent donc une production locale d’électricité grâce à des installations dimensionnées à la mesure des besoins d’une petites collectivité. Une partie significative des besoins peut ainsi être satisfaite sans faire appel au réseau, dont la tâche est soulagée d’autant. Le programme de retrait du nucléaire sera donc accompagné d’un programme d’incitation à la production locale associée à l’autoconsommation, en favorisant l’échelon de la collectivité ( Village, Commune, Communauté de Communes). Une commission est chargée d’étudier un modèle économique susceptible se porter ce concept, sans créer d’effet d’aubaine, et sans pour autant décourager les initiatives. Ainsi le développement de l’autoconsommation créera un secteur à part entière dans le mix énergétique.

Les sources d’énergie solaire et éolienne étant par nature intermittentes, le concept de production-consommation locales ne peut fonctionner que s’il existe un moyen de relève et/ou de stockage de l’énergie produite Les systèmes connus sont très variés:

- Des installations pouvant assurer la relève pour une durée illimitée. Il s’agit de centrales thermiques, par exemple du type CCCG ( Cycles Combinés à Gaz).

- Des installations de stockage, dont la capacité énergétique est limitée et donc pouvant assurer la relève pour une durée réduite. Elles sont de trois types:

- Relève de courte durée ( Horaire) Stockage électrochimique: Batteries à circulation, Electrolyse, Pile à Hydrogène. Hydrures métalliques. Stockage mécanique: Energie cinétique ( Volant). Gaz comprimé. Stockage chimique: Matériaux à changement de phase.

- Relève de durée moyenne ( Hebdomadaire) Stockage gravitaire: STEP ( Stations de Transfert d’Energie par Pompage).

Certains de ces procédés sont utilisables à l’échelon local, d’autres relèvent du réseau de distribution national ou régional.

Cet aspect de relève de l’intermittence constitue un des principaux obstacles à l’extension des énergies renouvelables intermittentes. Il n’existe pas encore aujourd’hui de solution satisfaisante

. L’objectif de 120 TWh supplémentaires ne pourra être atteint qu’en répartissant l’effort entre les différentes technologies. La partition pourrait être la suivante ( en TWh):

- Hydraulique: 15

- Eolien terrestre: 15

- Eolien offshore: 50

- Photovoltaïque: 20

- Solaire thermodynamique: 10

- Thermique au Biogaz: 10

Un effort très important portera sur l’éolien offshore pour lequel les côtes françaises offrent l’un les plus importants potentiels d’Europe. (Rappelons qu’aujourd’hui la France ne possède encore aucune éolienne offshore).

Cet objectif de production correspond à une puissance installée de 16 GW, obtenue grâce à un ensemble de 2 700 éoliennes offshore de 6 MW avec un facteur de charge de 35%.

(Le potentiel éolien offshore du littoral français est estimé à plus de 50 GW en tenant compte des possibilités des plateformes flottantes).

Le coût actuel de l’éolien offshore atteint 3 millions d’euros par MW. Le coût de construction serait donc de l’ordre de 50 Milliards.

Auxquels viendront s’ajouter les moyens de production de relève de l’intermittence.

A l’issue de cette première phase ( horizon 2030) la réalisation sera évaluée par rapport à l’objectif fixé, et selon le bilan technique, financier et environnemental, il sera décidé soit de poursuivre selon le programme initial de sortie du nucléaire, soit de réorienter la stratégie en fonction des impératifs nouveaux. Il sera notamment procédé à une évaluation des autres programmes (Photovoltaïque, Hydraulique, Solaire thermodynamique, Thermique CCCG Biogaz) qui auront été menés en parallèle avec l’éolien offshore, ainsi qu’à l’état des lieux en ce qui concerne les moyens de stockage et de relève de l’intermittence.

La seconde phase de la transition intégrera ces résultats pour définir les nouveaux objectifs ( Période 2030-2050).

Voici donc enfin achevée la période des discours, des colloques, des promesses, des faux-semblants, des hésitations. Le temps de l’action est arrivé.

PS. Le lecteur aura compris bien sûr que tout cela n’est que pure fiction. Tout le monde a le droit de rêver.

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