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18 janvier 2015 7 18 /01 /janvier /2015 11:42

18 Janvier 2015

La politique électronucléaire de la France, initiée après la seconde guerre mondiale et mise en œuvre tout au long de la seconde moitié du siècle, a placé le pays dans une situation de dépendance vis-à-vis de cette technologie dont dépend 75% de notre électricité.

De cet état de fait il découle qu’aucune stratégie de transition énergétique ne peut être esquissée sans avoir préalablement défini la future politique Electronucléaire: la poursuite, le retrait, ou tout autre situation intermédiaire. Cette politique n’étant toujours pas précisée, il n’y a donc pas de stratégie de transition énergétique en France, malgré une communication ambitieuse qui voudrait nous faire croire le contraire.

Ce constat, que d’aucuns peuvent trouver désastreux voire irresponsable, entraîne une incertitude totale concernant la politique d’investissements dans le secteur énergétique en France. Les grands acteurs de l’énergie développent leur propre stratégie, souvent tournée vers l’export par des implantations hors frontières, mais ne peuvent s’appuyer sur un marché intérieur qui manque de dynamisme. Les PME/PMI, dont les capacités hors frontières sont réduites, n’ont aucune visibilité sur le développement possible du marché intérieur.

Faute d’éléments permettant de construire un terrain stratégique solide permettant d’amorcer la transition en France, le Gouvernement en a été réduit à promouvoir une seule grande idée, celle des économies d’énergie. Ce n’est pas un stratégie, tout au plus une manœuvre d’évitement.

La politique électronucléaire, clé de toute transition, demeure l’objet de querelles de partis, quand ce n’est pas de chantages électoraux de la part des groupes de pression de divers bords. En 2012, le renouvèlement de l’équipe gouvernementale, dont la composition a du être négociée en partie sur des engagements de transition écologique et de retrait du nucléaire, s’est accompagné d’une déclaration valant engagement entre autres sur cette politique électronucléaire:

« La part de la production électronucléaire dans le mix électrique sera réduite de 75% à 50% à l’horizon 2025, et la puissance du parc nucléaire sera plafonnée à 63,2 GW ».

Engagement renouvelé en 2014 et censé contenir l’essentiel de la stratégie. On a vu ( Voir notre article du 4 Octobre 2014 « La transition électrique, le grand bluff ») que cette déclaration ne peut en aucun cas représenter une stratégie énergétique à long terme: Dans le domaine de l’énergie, l’horizon 2025 c’est demain matin. Tout est déjà joué aujourd’hui pour une échéance aussi rapprochée.

Une telle déclaration, à caractère cosmétique, ne pouvait que cacher la vraie stratégie dont l’exposé prématuré au grand jour aurait contrevenu à la ligne politique officielle soutenant le Gouvernement du moment.

Dans notre article d’Octobre nous évoquions la politique industrielle la plus probable d’ici 2025 car la plus conforme au principe de réalité. Depuis, il semble qu’un vent de « réal politique » a soufflé sur le Gouvernement, emportant vieilles querelles et idéaux poussiéreux, et remplaçant l’immobilisme serein où la Communication tenait lieu d’action, par une agitation encore brouillonne mais pleine de promesses.

Allons-nous enfin connaître les « vraies » intentions du Gouvernement en matière d’énergie ? Il semble que oui si l’on en croit les dernières déclarations de la Ministre de l’Energie Ségolène Royal. On ne sera pas surpris de constater que ces déclarations sont dans la ligne de ce que nous annoncions en Octobre, elles sont simplement conforme au principe de réalité:

La filière nucléaire est confirmée dans ses objectifs, la génération EPR est également confirmée, les arrêts de tranches seront en rapport avec les décisions de l’autorité de sureté nucléaire, ce qui est la règle. La puissance max de 63 GW reste à l’ordre du jour pour 2025, sans préjuger de la suite.

Voilà qui est clair, du moins au niveau de la Ministre. Reste à vérifier que cette annonce reflète bien la pensée du Président, qui ne manquerait pas de réagir promptement si tel n’était pas le cas.

On aimerait quand même que ce vaudeville prenne fin, car le pays a urgemment besoin d’une ligne directrice ferme sous peine de voir les forces vives gagnées par le découragement et tentées l’aller exercer leurs talents ailleurs… -

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