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13 janvier 2015 2 13 /01 /janvier /2015 18:59

13 Janvier 2015

Le réchauffement climatique annoncé est officiellement considéré comme LA principale menace mondiale contre notre civilisation. La lutte contre cette calamité fédère la quasi-totalité des Etats, du moins dans les grand- messes internationales consacrées à la chose.

Le coupable désigné à l’unanimité est le dioxyde de Carbone rejeté par la combustion des énergies fossiles. La solution évidente, qui consiste à renoncer à utiliser ces combustibles, ne peut être appliquée que s’il existe une solution de remplacement propre et renouvelable disponible à un coût gérable.

Une possible solution de remplacement a été identifiée, basée sur l’exploitation de l’énergie solaire (au sens large). Des procédés ont été mis au point, certains d’entre eux déjà opérationnels ( Eoliennes, panneaux solaires, Biogaz, Biocarburants, turbines hydrauliques, pompes à chaleur). Sans oublier la possibilité d’exploiter les sources possibles d’Hydrogène naturel s’il y a lieu.

Mais la mise en œuvre de ces moyens de remplacement nouveaux nécessite d’énormes investissements e,t en phase de courbe d’apprentissage, l’énergie produite coûte notablement plus cher que les énergies fossiles .

Notre société industrielle étant fondée sur un modèle économique de retour sur investissements et de rentabilité financière, la croissance des énergies nouvelles se heurte à la concurrence des énergies fossiles toujours disponibles, en quantités non limitées ( et même excédentaires actuellement pour le pétrole), et dont l’extinction naturelle est sans cesse repoussée aux calendes grecques. Et ce n’est pas la chute récente du prix du baril qui apportera un démenti, pas plus que les projets d’exploitation des réserves de Clathrates des fonds marins.

Un espoir a pu naître lorsque le prix du baril a dépassé les cent dollars. Mais la découverte des gaz de schiste et le ralentissement de la demande ont ramené le prix du baril à un niveau de braderie faisant craindre le pire pour les investissements dans les énergies nouvelles.

Leur promotion ne peut plus se satisfaire de belles paroles enrobées de morale écologique, il faut désormais des mesures contraignantes pour faire pencher la balance en faveur des nouvelles sources.

L’objectif de ces mesures est d’une part de réduire la consommation d’énergies fossiles afin de bloquer le gradient d’augmentation du taux de CO2 atmosphérique, et d’autre part d’inciter les usagers à basculer sur les nouvelles énergies. ( Certes, les énergies fossiles seront probablement utilisées jusqu’au fond des réserves, mais essayons au moins d’étaler dans le temps les émissions de CO2 pour tenter d’en réduire les effets).

Les mesures techniques sont par exemple les réglementations thermiques du Bâtiment et les réglementations sur les émissions des moteurs.

Les mesures économiques concernent la fiscalité, les prêts à taux zéro, les tarifs réglementés de l’énergie, les réductions d’impôts.

A ces mesures réglementaires et fiscales il faut bien sûr ajouter les aides financières accordées aux producteurs d’énergies propres ( crédits d’impôts, tarif de rachat préférentiel, financement d’études, etc…).

Pour trouver l’argent nécessaire à ces largesses l’Etat n’a que deux possibilités: l’emprunt, ou l’impôt.

(Certains Etats disposent d’une cagnotte qui les autorise à financer des grands travaux sans avoir à plonger la main dans la poche des citoyens; La France n’est malheureusement pas dans cette situation, c’est plutôt l’inverse comme chacun sait).

Un emprunt doit être remboursé, c’est du moins l’usage, alors qu’un impôt est acquis définitivement, c’est une sorte de dont gracieux consenti par le contribuable, sous une amicale contrainte cela va sans dire.

Avant de lancer un emprunt d’Etat, le Gouvernement s’efforce donc de trouver des sous en créant un nouvel impôt ou en augmentant ceux qui existent déjà. Voilà toujours de l’argent qu’il ne faudra pas rembourser.

La transition énergétique va nous coûter des sommes indécentes. On parle de plusieurs centaines de Milliards, certains prédisent même plusieurs milliers de Milliards d’ici 2050 à l’échelle de l’Europe.

On compte beaucoup sur l’investissement privé, mais dès qu’on leur parle d’énergies renouvelables la plupart des investisseurs détournent le regard et changent de conversation. La lutte contre le réchauffement climatique n’est pas encore cotée en bourse, les énergies fossiles se portent très bien, et même le Nucléaire redresse la tête.

C’est donc aux Etats de prendre en main la promotion des énergies nouvelles et de mettre en place des stratégies de développement industriel et d’incitations financières, et des réglementations pénalisant les énergies fossiles.

L’industriel devra donc lâcher la « main invisible du marché » chère à Adam Smith, pour prendre celle de l’Etat qui ne refusera pas de procéder à quelques manœuvres keynésiennes ( Ce cher vieux John doit se tordre de rire…)

Tout cela va coûter très cher. Dans un premier temps le Gouvernement français va recourir à l’impôt, mais devra probablement recourir à l’emprunt en phase de croissance. Le mot « impôt » étant tabou, on parlera bien sûr plutôt de taxes et de contributions.

S’agissant de l’énergie il aurait été plus simple et surtout plus logique d’augmenter les tarifs d’icelle. Mais le consommateur français est violemment allergique à toute augmentation de tarif, pour des raisons historico-syndicalistes sur lesquelles il n’y a pas lieu de s’étendre. Par contre les « contributions » sont plus facilement acceptées ( les tournures de l’esprit gaulois sont insondables). C’est donc sur les taxes et contributions diverses que sera prélevé l’argent du financement de la transition énergétique, du moins au début.

Comme toute ponction d’argent est électoralement contre productive, il est bon d’enrober la pilule d’un emballage écologique. On parlera donc soit de Taxe Carbone, soit de Contribution Climat Energie (CCE), soit de Contribution de Solidarité, toutes appellations de nature à emporter l’adhésion du contribuable promu au rang de membre bienfaiteur de la Planète.

Le consommateur est déjà familier de la TIPP, nouvellement rebaptisée TICPE et autrefois appliquée seulement aux carburants, non pas pour des raisons climatiques, mais simplement pour remplir les caisses de Bercy.

Le changement s’appellation de PP vers PE signe la volonté de l’appliquer à tout les autres Produits Energétiques, au moins ceux distribués en réseaux.

Elle a ainsi été élargie à l’électricité sous le sobriquet de TCFE ( Taxe sur la Consommation Finale d’Electricité), d’un montant max de 0,95 centime par KWh pour 2015, mais qui ne demande qu’à grandir. Elle remplace la CSPE ( Contribution au Service Public de l’Electricité).

Le suivant sur la liste a été le Gaz Naturel, qui se voit équipé depuis Avril 2014 de la TICGN ( Taxe Intérieure sur la Consommation du Gaz Naturel) pour un montant de 0,127 centime par KWh PCS, une misère. Il est vrai que le GN est réputé le moins polluant des fossiles, il eut été malséant de le taxer aussi lourdement que les autres. Mais attention, en 2015 la TICGN passera à 0,264 centime par KWh, et à 0,401 centime en 2016.

De plus, deux nouvelles taxes apparaissent pour le Gaz:

La CTSSG ( Contribution au Tarif Spécial de Solidarité Gaz)

La CSPG ( Contribution au Service Public du Gaz), encore appelée Contribution Biométhane qui, comme son nom l’indique, sert à payer les achats de Biométhane au tarif d’encouragement.

Voici donc le Gaz équipé pour la transition énergétique.

Les carburants liquides, qui jouissent déjà d’une confortable TICPE, ne seront pas oubliés par la taxe carbone.

L’Etat à fixé le prix auquel nous devrons payer nos émissions de CO2:

7 euro/tonne en 2014

14,5 euro/tonne en 2015

22 euro/tonne en 2016

Pour après il faudra attendre les élections…

En 2015/2016 il en coûtera donc 2 centimes/L de plus pour l’essence et 2,38 centimes/L de plus pour le Gazole. Les montants affichés actuellement ne sont évidement que des hors d’œuvres, la montée en puissance viendra plus tard.

Cette pluie de taxes et contributions sur les consommations permettra de générer des revenus confortables eu égard aux 29 Milliards de litres de carburants consommés chaque année par nos voitures, aux 35 Millions d’abonnés à l’électricité, et aux 12 Millions d’abonnés au Gaz.

De plus, ce choix permet de minimiser les augmentations de tarif pour l’électricité et le Gaz, lesquels tarifs peuvent ainsi satisfaire les consommateurs, du moins ceux qui ne regardent jamais le bas de leur facture. Pour une installation électrique domestique de base ( Sans chauffage électrique ni ECS ) l’abonnement, les contributions et taxes représentent déjà plus de 40% de la facture hors TVA. Et ce n’est qu’un début.

Voilà une transition énergétique qui risque de nous laisser tout transis…

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