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30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 11:12

30 Janvier 2015

Grâce aux énergies renouvelables la production d’électricité est devenue une activité comme une autre, en ce sens qu’elle est accessible aux petites et moyennes entreprises, voire même aux particuliers. Il est ainsi possible de créer une entreprise dont l’activité sera la production d’électricité à partir d’une ou plusieurs sources d’énergie renouvelable décarbonées ou à Carbone recyclable.

Ce nouveau secteur de marché a ceci de particulier que, sous certaines conditions, la production est largement subventionnée par le Gouvernement qui garantit son écoulement non seulement en volume mais également en valeur (Article L314 du code de l’énergie) pendant une durée spécifiée au contrat. Les conditions à remplir sont nombreuses et sévères:

Conditions techniques de respect du cahier des charges autorisant la réinjection dans le réseau, de l’efficacité énergétique des processus de production, de la qualité de la fourniture, etc….

Conditions relatives au mode de production, à la durée du contrat, aux formalités d’implantation du ou des sites de production, à l’impact sur l’environnement, etc, etc…

La production d’énergie renouvelable peut être motivée soit par la volonté d’un geste écologique désintéressé, soit par la recherche d’un profit, éventuellement les deux.

Qu’en est-il en pratique ?

Prenons le cas d’un petit parc éolien d’une puissance installée de 8 MW Constitué par exemple de 4 éoliennes de 2 MW.

Selon l’ADEME, « les coûts d’études, de construction, de raccordement et de démantèlement pour de l’éolien terrestre atteignent environ 1,2 millions d’euros par mégawatt. Les coûts d’exploitation, d’entretien et de maintenance représentent près de 3% par an de l’investissement total »

En zone favorisée ce petit parc produira une énergie de 14 GWh/an en moyenne calculée sur 10 ans pour lisser les variations annuelles ( facteur de charge moyen de 20%).

Aujourd’hui cette production est achetée par EDF à 82 euros/MWh, soit deux fois le prix du marché environ. Ce prix est garanti pour une durée de 10 ans par contrat. Pour les cinq années suivantes le prix d’achat fixé est plus faible, notablement inférieur à 82 euros/MWh, variable selon les conditions particulières ( entre 28 et 82 euros/Mwh).

Dans notre hypothèse l’investissement est couvert par un emprunt bancaire de 9,6 millions d’euros sur 15 ans au taux de 3% et annuités constantes.

Sur la période contractuelle de dix ans le chiffre d’affaire annuel est donc de 1,148 millions d’euros ( 14 GWh au tarif de 82 euros le MWh).

Les charges sont les suivantes:

- Annuités de remboursement de l’emprunt: 0,874 millions d’euros.

- Charges d’exploitation, maintenance et entretien ( 3% du coût d’investissement): 0,288 millions. Nous arrivons à 1,162 millions d’euros par an, l’affaire est déjà déficitaire sans même compter les inévitables aléas:

- Facteur de charge effectif inférieur à la valeur de référence.

- Problèmes techniques entraînant des frais supplémentaires et des interruption de production. Au-delà de 10 ans et sur les 5 années suivantes le prix d’achat est diminué, ce qui rend le bilan financier encore plus catastrophique.

Ce calcul simple montre que l’éolien n’est pas la poule aux œufs d’or que l’on présente habituellement. Seules les subventions diverses permettent d’afficher des résultats acceptables.

Par contre, si l’on se place du point de vue de l’autoconsommation, les choses sont différentes: Le parc éolien que nous avons pris en exemple peut alimenter 5000 logements en énergie électrique hors chauffage et eau chaude sanitaire. ( 2 800 KWh/an par logement). Avant la construction du parc éolien cette énergie est fournie par EDF au prix de 0,14 euro/KWh, en incluant TVA, Taxes et contributions diverses dont CSPE, et abonnement. Le total se monte à près de 2 millions d’euros annuellement.

Le parc éolien permet de fournir la même quantité d’électricité pour une dépense de 1,16 millions d’euros environ, soit presque deux fois moins.

Ce parc, géré en autoconsommation, devient alors très rentable pour la collectivité si le parc est en autogestion. De plus il met les consommateurs à l’abri des augmentations de tarif EDF, et des augmentations de la CSPE qui ne manqueront pas de survenir dans l’avenir. Au terme de la période d’amortissement de 15 ans le parc continue à produire à un coût très faible.

Les consommateurs peuvent soit rester raccordés au réseau EDF et continuer à payer les frais fixes ( Abonnement et contribution tarifaire d’acheminement), soit se désolidariser du réseau dans la mesure où la réglementation le permet.

Mais ce programme idyllique n’est hélas pas réaliste.

Un parc éolien en autoconsommation ne peut fonctionner que s’il est couplé à une installation de stockage de l’électricité pour compenser l’intermittence des fournitures.

Et aujourd’hui on ne sait pas faire…

Actuellement la vente de l’électricité à EDF permet de reporter sur ce dernier le problème de la compensation d’intermittence, ce qui commence d’ailleurs à lui poser de sérieux problèmes, et l’oblige à maintenir une capacité de production thermique.

Ces « petits » problèmes expliquent en grande partie le quasi effondrement du marché depuis 2010, avec l’incertitude sur la pérennité du tarif d’achat EDF, qu’il faut bien appeler une subvention, laquelle est une distorsion de concurrence prise dans le collimateur de Bruxelles.

Tout ceci pour montrer une fois de plus que le problème des énergies renouvelables intermittentes reste le stockage de masse de l’électricité. Seule la résolution de ce problème permettra le dévérouillage du déploiement à grande échelle de ces nouvelles applications.

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