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7 janvier 2015 3 07 /01 /janvier /2015 19:32

7 Janvier 2015

La France consomme chaque année, bon an mal an, 50 Millions de mètres cubes de carburants pétroliers pour les transports. ( Dont 29 Millions de m3 pour les seuls véhicules particuliers).

Faute de ressources locales ces produits sont importés en totalité.

La conquête de notre indépendance vis-à-vis du pétrole passe donc par la recherche de substituts si possible équivalents énergétiquement et disponibles sur le territoire national, ou susceptibles d’y être synthétisés.

Il s’agit en l’occurrence des biocarburants liquides.

Une première génération est déjà disponible et utilisée à différents dosages en mélange avec les carburants pétroliers. Cette première génération est issue de la transformation de produits végétaux à vocation alimentaire ( Betterave, maïs, colza, canne à sucre, huile de palme,…), et donc porteuse de conflits potentiels dans l’avenir quand il s’agira de nourrir dix milliards d’humains et de remplir les réservoirs de 1500 Millions de voitures à l’horizon 2050 ( Car telles sont les prévisions).

L’ONU a donc mis un frein à l’enthousiasme des producteurs de carburants G1 en posant des limites à la croissance de leur part dans la consommation de carburants. Nous sommes incités à attendre les générations suivantes plus écologiques.

La génération G2 transforme la partie non comestible des végétaux, donc plus acceptable écologiquement quoique non dénuée d’inconvénients notamment le prix ( les procédés sont plus complexes).

Des espèces très rentables ont été sélectionnées pour leur production à l’hectare, leur vivacité et leur sobriété en eau ( Miscanthus, Jatropha par exemple). Les procédés ont été validés dans des petites unités de production et l’industrie est prête à passer au stade de la production de volume, à condition que soient clairement définies les réglementations, les normes de qualification et la politique tarifaire et fiscale, mais si l’effondrement du prix du baril de pétrole se maintient beaucoup de projets seront abandonnés faute de rentabilité.

Les meilleurs rendements à l’hectare sont de 4 à 5000 Litres. ( Ref: « Eau et Biocarburants à l’horizon 2030 », in « les cahiers du CLIP » No19-2009).

Pour remplacer les 50 Millions de litres de carburants pétroliers par des biocarburants G2, la France devrait donc y consacrer 100 000 km2.

Le pays étant à vocation historiquement agricole, et son industrie agro-alimentaire étant encore un des fleurons de notre activité, on se doute que les surfaces disponibles propres à une activité agricole et/ou à la pratique de l’élevage sont déjà utilisées.

Ces surfaces sont répertoriées dans la SAU (Surface Agricole Utile), qui comprend les terres arables ( Grande culture, cultures maraîchères, cultures de fourrage, prairies artificielles), les prairies permanentes et les alpages, les vignes, les vergers, les jardins familiaux et les jachères). En clair tout ce qui permet de faire pousser quelques chose d’utile à l’agroalimentaire et à l’élevage, Hors bois et forêts.

Le tout atteint 284 000 km2, soit environ 52% de la surface totale de la Métropole.

Les bois et forêts couvrent 163 000 km2, et 50 000 autres km2 sont occupés par les agglomérations au sens large, les terrains bâtis, les emprises des voies de communications, les infrastructures portuaires aériennes et maritimes, les voies d’eau, etc… Le reste est constitué des réserves foncières, des zones impropres à la culture, des zones inexploitables à cause de l’altitude, de la pente des terrains, de la nature du sol, etc…

On ne voit donc pas très bien où l’on pourrait trouver les 100 000 km2 supplémentaires nécessaires à la production des biocarburants de haut rendement sur le territoire métropolitain, sauf à les prendre sur les activités agricoles et d’élevage actuelles, ce que personne n’a encore osé proposer….

Cette étrange lacune ne semble pas gêner les prévisionnistes de la transition énergétique.

Il faudra donc se « contenter » d’exploiter la partie lignocellulosique des productions alimentaires locales, à condition de ne pas porter préjudice aux autres usages de cette partie des plantes, notamment les usages agricoles et la production de Biogaz. Quand au bois de nos forêts il est déjà retenu également pour d’autres usages comme le biogaz, la chaleur, et les applications traditionnelles.

Ces conflits d’usage limiteront la part des biocarburants « français » de seconde génération dans le remplacement des produits pétroliers dans les transports. Pour le reste il faudra donc se résoudre à importer ce précieux biocarburant que d’autres pays lointains auront la possibilité de « cultiver », parfois sans trop de scrupules quant au respect de l’environnement et notamment de la forêt.

L’indépendance énergétique attendra encore un peu, nous avons l’habitude…

Par bonheur une troisième génération de biocarburants, G3, est en développement. Elle transforme la biomasse produite par les microalgues. Elle possède potentiellement beaucoup d’avantages: Les rendements à l’hectare sont au moins dix fois plus élevés qu’avec des végétaux terrestres, l’emprise au sol sera donc réduite d’autant, et les installations pourront être marines. L’utilisation d’eau de mer supprimera le conflit d’usage de l’eau douce.

Les procédés de production sont en cours d’étude, les experts estiment que l’industrialisation pourra débuter avant 2020.

D’ici là il faudra faire avec les générations G1 et éventuellement G2 si les émirs consentent à œuvrer pour ramener le prix du baril d’huile sainte au-dessus de 100 Dollar.

Une raison supplémentaire de développer la voiture électrique dont la version hybride permettra une réduction considérable des besoins en carburants liquides.

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