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21 septembre 2014 7 21 /09 /septembre /2014 18:46

21 Septembre 2014

En ce début de XXI è siècle l’automobile semblait avoir atteint sa maturité. Un concept mécanique universellement adopté, avec des différences mineures davantage motivées par les nécessités du marketing que par les exigences de l’usage de l’engin.

L’utilisation généralisée du moteur thermique à quatre temps n’a laissé que peu de place à l’originalité, sinon du côté de la sécurité et du confort:

Direction assistée progressive, boîte automatique, freins à disques, ABS, différentiel autobloquant, climatisation bi zones, airbags, essuie-glaces automatiques, pot catalytique, sièges électriques à mémoire, vitres électriques, rétroviseurs chauffants électrique, radar de recul, injection directe, allumage cartographique, moteur multi soupapes, gestion à microprocesseur, régulateur de vitesse, etc… Tout cela existait déjà il y a vingt-cinq ans, le seul progrès ayant été leur démocratisation.

Et puis sont arrivées les menaces conjuguées de l’épuisement des énergies fossiles et du réchauffement climatique. Les ingénieurs ont été sommés de revoir leur copie et de trouver des motorisations originales capables d’apporter des solutions à ces deux problèmes. Pour faire bonne mesure les autorités ont ajouté une contrainte supplémentaire: réduire considérablement les émissions de polluants sous peine de voir les véhicules non conformes rejetés hors des agglomérations.

Qu’à cela ne tienne ont répondu les ingénieurs, supprimer les émissions de CO2 et les polluants d’échappement, et s’affranchir de la pénurie de carburants fossiles, c’est facile, il suffit de remplacer les moteurs thermiques par des moteurs électriques. D’autant plus que l’on sait maintenant fabriquer de l’électricité avec du vent, du soleil, et de l’eau, et que la technologie des batteries semble avoir atteint un niveau convenable, du moins acceptable faute de mieux.

D’ailleurs ce Gouvernement ne vient-il pas d’annoncer l’installation prochaine de sept millions de bornes de rechargement des batteries ?

Et pour les applications spécifiques qui requièrent du carburant liquide, on sait également fabriquer des carburants renouvelables.

Oui mais,

Les menaces en question ne sont jusqu’à présent que des menaces verbales, le super et le gazole sont toujours disponibles en quantités illimitées et pour un coût encore gérable, et les automobiles polluantes sont toujours autorisées à rouler en ville, le simulacre de contrôle technique étant parfaitement inefficace sur ce plan.

Aucune contrainte impérieuse ne pèse donc aujourd’hui sur les constructeurs ou les usagers, qui serait de nature à imposer aux uns et/ou aux autres un choix technologique nouveau forcément fort onéreux et déstabilisant pour un secteur déjà vulnérable car soumis à la concurrence mondiale. Tant que durera cette situation de tolérance tacite des autorités régulatrices, la transition vers l’électrique ne pourra reposer que sur des arguments de marketing souvent discutables, en tout cas insuffisants pour provoquer un mouvement de masse.

D’autant plus que par ailleurs les constructeurs rivalisent d’ingéniosité pour proposer des modèles « classiques » à moteurs thermiques conformes aux dernières normes anti-pollution, peu gourmands en carburant selon les catalogues, et extrêmement discrets quant aux émissions de CO2.

Certains bénéficient même d’un « bonus » !!!

Face à la nécessité de convaincre, voire de séduire les clients, les constructeurs désireux de lancer le marché de l’électrique ( Il faut bien justifier les aides de l’Etat octroyées aux études) proposent une grande diversité de produits parmi lesquels l’usager moyen est bien en peine de faire un choix raisonné.

Entre EV, HEV, PHEV, montage série ou parallèle, et autres prolongateurs d’autonomie, avec même parfois une pile à Hydrogène, voire de l’air comprimé, l’usager non ingénieur ne sait plus si on veut lui vendre une auto, une usine à gaz ou un couteau suisse.

Et parfois même dans la boutique voisine on lui vante les avantages d’un superbe 4 x 4 ( pardon, un SUV) Diesel en lui garantissant une consommation d’oiseau et la conformité aux normes en vigueur !!!. Tout au plus il lui sera imposé un « malus » bien vite neutralisé par un « avantage client » compensateur et le bonus d’une TICPE toujours bonne fille pour le diésel.

La voiture électrique pourra donc attendre, en espérant des éclaircissements sur la politique énergétique du Gouvernement, qui semble cultiver la procrastination en la matière ( et en bien d’autres hélas…).

A ces incertitudes s’ajoutent des inconnues telles que le prix du carburant électrique qui sera distribué sur les bornes publiques de recharge rapide, et la politique fiscale concernant la TICPE transférée sur l’électrique!

Nous devons donc nous attendre à vivre une période automobilistique assez nébuleuse au cours de laquelle se côtoieront une grande variété de concepts, certains à la limite de l’improbable, période caractérisée par une abondance d’offres diverses fréquemment renouvelées.

Tel modèle acquis aujourd’hui se trouvera atteint d’obsolescence au bout de quelques années et invendable sur le marché de l’occasion, mettant son propriétaire à la merci du concessionnaire de la marque pour une reprise problématique conditionnée par l’achat d’un autre véhicule neuf encore plus exotique. Une raison supplémentaire de différer l’achat d’un engin qui pourrait se révéler un mouton à cinq pattes.

Pour faire bouger les lignes on ne peut agir que sur deux leviers: Taxer lourdement les carburants fossiles pour dissuader l’acheteur de choisir cette option. Et/ou agir par le biais de la règlementation sur les émissions de CO2, d’Oxydes d’Azote et de nanoparticules pour interdire l’accès des agglomérations aux véhicules à moteurs thermiques.

Le Gouvernement n’est pas pressé de recourir à de telles mesures très impopulaires et de nature à lui faire perdre en plus le bénéfice des taxes sur ces mêmes carburants qu’il voudrait éliminer. Quant au transfert de ces taxes sur l’électricité des voitures électriques, il n’y faut même pas penser, le kWh électrique domestique est déjà au même prix que le kWh de gazole (12 cents).

Le consommateur tombera de haut quand il aura à payer le juste prix pour remplir sa batterie des précieux KWh prélevés sur une borne d’autoroute concédée à une entreprise privée qui n’aura que faire d’un tarif « social » de l’électricité.

Pour populariser le concept de voiture électrique le Gouvernement devra tâcher d’apporter un peu de clarté dans ce secteur qui est pour le moment une foire d’empoigne peu propice à motiver les futurs éventuels acheteurs.

Qu’il est donc difficile d’être vertueux en ce bas monde !

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