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14 juin 2014 6 14 /06 /juin /2014 15:17

14 Juin 2014

« Le Président de la République a confirmé l’engagement de réduire de 75% à 50% la part du nucléaire dans la production d’électricité à l’horizon 2025. »

Cette annonce est évidemment dépourvue de sens si elle n’est pas complétée par l’indication de la production électrique à laquelle elle se rapporte.

Aujourd’hui la production annuelle d’électricité est de 500 TWh, dont 375 TWh de nucléaire ( 75%).

Beaucoup de facteurs incontrôlables interviennent dans l’évolution de la consommation d’électricité, et donc aussi de la production si l’on considère une balance import-export à peu près équilibrée.

2025 c’est demain matin.

Dix ans ne suffisent pas à bouleverser des habitudes de consommation. On peut penser que le taux de croissance de la population et du nombre de ménages, de leur équipement électroménager, audiovisuel, informatique et de communication, et le développement de la voiture électrique, contribueront à une augmentation de la consommation électrique, alors que l’abandon progressif du chauffage-climatisation électrique au profit du Gaz ou des réseaux de chaleur urbains, et l’amélioration de l’efficacité énergétique en général, auront l’effet inverse.

L’hypothèse d’une consommation constante est donc raisonnable, en sachant que la réalité pourra être très différente.

Si nous retenons pour 2025 une consommation-production de 500 TWh, le nucléaire ramené à 50% verrait donc sa part tomber de 375 à 250 TWh.

Une coupe de 125 TWh dans la production nucléaire correspond à l’arrêt de 21 tranches de 900 MW.

Dans l’hypothèse, soutenue par certains, d’une réduction globale de la consommation, il faudrait arrêter davantage de réacteurs pour atteindre les 50%.

Sachant que l’arrêt d’une tranche doit être immédiatement suivi de la mise en route de son démantèlement ( pour des raisons de sureté que nous avons déjà exposées dans un article précédent), une telle coupe claire, 36% du parc, doit être préparée longtemps à l’avance compte tenu de l’énorme travail que représente ce programme d’arrêt-démantèlement.

Il n’existe aucune trace de ce programme de préparation aux démantèlement: formation des équipes, acquisition des compétences, procédures d’enfouissement des déchets, reconversion des personnels d’exploitation, etc…

Comme nous l’avons déjà vu l’arrêt des deux réacteurs de Fessenheim sera compensé par la mise en production du réacteur EPR de Flamanville et ne peut donc être considéré comme un début de réduction de la production nucléaire.

D’autre part, il va de soit qu’une éventuelle décision de l’arrêt de 21 réacteurs n’aurait de sens que si elle était accompagnée d’un programme de production de remplacement par d’autres sources puisque la consommation sera la même (selon notre hypothèse).

Ces autres sources pourraient être à base d’énergies renouvelables et d’installations thermiques en relève de l’intermittence.

Pour mémoire, rappelons qu’une éolienne offshore de 6 MW produit annuellement 18 GWh. Il en faudrait donc 7 000 ( Sept mille !) pour compenser la coupe de 125 TWh due à l’arrêt des 21 réacteurs.

Sans oublier les installations thermiques de production en relève de l’intermittence.

Le projet-programme éolien offshore de la côte atlantique prévoit la construction de 600 éoliennes d’ici 2020. C’est donc un effort plus de dix fois supérieur qui devra accompagner l’arrêt des 21 réacteurs, effort à répartir entre les diverses énergies renouvelables, ou en ayant recours au thermique, comme en Allemagne…

Inutile de rappeler qu’un tel programme n’est pas sur les rails.

Dans un tel contexte on peut se demander si cette histoire de transition énergétique ne serait pas tout simplement un « non sujet » destiné à servir de vernis à une politique de « business as usual » légèrement teintée de vert grâce à quelques éoliennes offshore, un peu de cogénération, et beaucoup d’incitation aux économies d’énergie.

Ce qui n’est déjà pas si mal…

Au fait, il paraît que l’on reparle de gaz de schiste dans les couloirs du château.

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