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7 mars 2014 5 07 /03 /mars /2014 19:10

~~7 Mars 2014

Enfin approche le grand jour qui verra dévoilée la stratégie pour la transition énergétique. Chacun espère, non pas un miracle, mais une sortie du tunnel de l’attente qui permettra de savoir à quelle sauce nous allons être mangés.

S’agissant d’une transition, il y sera fortement question d’énergies nouvelles, le contraire ne serait pas accepté.

Tout le monde connaît la liste des prétendantes, des plus nobles comme le solaire et l’éolien, jusqu’aux presqu’inavouables comme la valorisation des déjections animales, lesquelles ne sont qu’un retour aux sources puisque nos ancêtres proches utilisaient déjà les bouses pour faire du feu.

Un programme d’énergies renouvelable ne pourra pas échapper à un important volet éolien.

La France possède déjà un parc éolien terrestre de 4 000 machines dont la production a atteint 15 TWh en 2012, soit 3% de la consommation d’électricité. C’est encore modeste mais ce n’est qu’un début.

Une augmentation significative de ce secteur implique le développement de parcs offshore. En mer il est possible d’installer des machines très puissantes (6 MW et plus) et le vent y est plus fort et plus régulier, permettant un facteur de charge plus important.

On sait que le Gouvernement a lancé des appels d’offres pour la construction de parcs éoliens off shore avec l’objectif d’une puissance installée de 6 000 MW d’ici 2020, soit un millier de machines.

Une éolienne de 6 MW de puissance nominale peut fournir annuellement une quantité d’énergie de 18 GWh en prenant un facteur de charge de 35%, qui est la norme en ce domaine.

L’ensemble des 1000 machines produira annuellement 18 TWh, soit davantage que les 4 000 éoliennes on shore déjà en service en Métropole. La production éolienne totale atteindra alors 7% de la consommation d’électricité, soit l’équivalent de deux réacteurs EPR.

Le consortium ALSTOM/EDF a été retenu pour trois parcs qui seront équipés de machines de 6 MW.

La présentation du projet met en valeur leur efficacité énergétique:

« Une éolienne pourra alimenter en électricité 5 000 foyers »

C’est vrai à condition d’accepter certaines restrictions : 18 GWh partagés entre 5 000 foyers, laissent donc 3 600 kWh par an pour chacun des foyers. C’est peu, mais c’est le régime électrique minceur qui nous est apparemment réservé pour cause de passage aux énergies renouvelables.

Actuellement le secteur résidentiel est alimenté en électricité par l’intermédiaire de 26 Millions de compteurs électriques. La consommation est de 130 TWh, soit environ 30% de la consommation d’énergie finale du secteur, le reste étant couvert par le Gaz naturel, le fuel domestique, le bois, du Solaire et de la Géothermie.

La consommation moyenne électrique par foyer raccordé est donc de 5 000 kWh par an. Source : www.fournisseurs-electricite.com

Cette consommation électrique moyenne devrait donc baisser de 30% pour atteindre le niveau de 3 600 kWh qui permettra à une éolienne de 6 MW d’alimenter 5 000 foyers.

Il est vrai que certains se chauffent à l’électricité ; il faudra oublier cela et changer pour un chauffage au Gaz naturel, au fuel domestique, au bois, éventuellement une pompe à chaleur avec un bon COP.

Beaucoup d’entre nous apprécient leur cumulus électrique ; il faudra également le porter à la déchetterie et le remplacer par un chauffe-eau solaire ou au gaz.

Ce régime sec devrait nous permettre de réduire notre consommation moyenne, c’est le prix à payer pour satisfaire l’équation :

Une éolienne = 5 000 foyers alimentés en électricité.

Notons au passage que les 5 000 foyers en question sont interdits de voiture électrique !

En effet la recharge de la batterie consommera à elle seule 3 650 kWh par an à raison de 10 kWh par jour.

Faut-il y voir une condamnation du véhicule électrique ?

Il s’agira donc de savoir si la voiture du futur pourra être électrique et considérée comme application spécifique de l’électricité, ou si, comme le chauffage et l’ECS, elle doit se débrouiller avec les autres énergies renouvelables, en l’occurrence les biocarburants liquides ou Gaz liquéfié, ou pourquoi pas la pile à Hydrogène ?

Il y a là un problème de fond qui ne semble pas tourmenter les constructeurs d’automobiles.

Ces restrictions électriques n’ont pas encore force de loi, mais il se pourrait que dans quelques années il soit fait appel à des mesures contraignantes comme la tarification progressive, voire même les quotas.

N’utiliser l’électricité que pour les applications déclarées spécifiques c’est bien, mais c’est aussi reporter sur les autres sources, les ENRt ( Energies Renouvelables thermiques), la charge d’assurer tous les autres besoins.

Encore faudra-t-il qu’elles soient capables de le faire, ce qui n’est pas évident.

L’effort sur les éoliennes off shore n’est donc qu’un volet de la stratégie, qui doit également porter sur le Solaire, les Biocarburants, le Biogaz, la Géothermie, la filière bois, l’Hydraulique, la filière Hydrogène et le stockage de l’énergie électrique.

La tâche est d’autant plus difficile que les énergies traditionnelles tiennent toujours le haut du pavé et ne manifestent aucune tendance à céder la place, bien au contraire.

La tentation est alors grande de différer les coûteux investissements sur les énergies nouvelles, surtout en situation d’économie exsangue

. Encore une minute Monsieur le bourreau…

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