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28 janvier 2014 2 28 /01 /janvier /2014 10:11

27 Janvier 2014

La France s’est dotée, depuis plus de vingt ans, de moyens d’analyse et de surveillance de la qualité de l’air ambiant. La « loi sur l’air et l’utilisation rationnelle de l’énergie » a été adoptée le 30 Décembre 1996, suite à la directive européenne du 27 Septembre 1996 sur l’évaluation et la gestion de la qualité de l’air ambiant.

La mise en place des outils et des moyens d’analyse a été prise en charge par le LCSQA ( Laboratoire Central de Surveillance de la Qualité de l’Air) créé en 1995, en collaboration avec EMD ( Laboratoire de l’Ecole des Mines de Douai, INERIS ( Institut National de l’Environnement et ses RISques ) et le LNE (Laboratoire National de métrologie et d’Essais ), en liaison avec les AASQA ( Associations Agréées de Surveillance de la Qualité de l’Air), regroupés en 2005 au sein du Groupement d’Intérêt Scientifique GIS LCSQA . AIRPARIF contribue à l’activité du GIS, sous la coordination technique de l’ADEME ( Agence De l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie).

Tout ce beau monde s’occupe entre autres d’identifier, de répertorier, de mesurer, et de surveiller toutes les saletés présentes dans l’atmosphère et qui n’ont rien à y faire. Les études s’effectuent bien sûr en liaison avec les organismes correspondants des différents pays de la Communauté Européenne. Les résultats servent entre autres à établir des normes et à vérifier leur respect.

Cette accumulation de compétences scientifiques a permis des avancées notables dans la lutte contre la pollution mais, grâce au (ou à cause du ) progrès technique pas toujours bien contrôlé, la pollution possède toujours une longueur d’avance sur les moyens de lutte pour un air respirable.

On connaît les PM10 et les PM 2.5, contre lesquelles luttent les règlementations européennes en imposant des dispositifs de filtrage passifs ou actifs. Les PM 1.0 sont également visées par les nouvelles normes. Il faut maintenant s’attaquer à une nouvelle catégorie d’objets, les nanoparticules, qui sont les PM 0.1 dont le diamètre est inférieur à 100 nanomètres.

On les connaît depuis longtemps, le GIS LCSQA les a identifiées, répertoriées et mesurées, des études toxicologiques mondiales ont montré leurs modes de pénétration dans les organismes, leur mode de dissémination dans les organes, et certains de leurs effets à court et moyen terme ont été prouvés. Les effets à long terme sont évidemment plus longs à mettre en évidence mais certains d’entre eux ne font plus guère de doute, notamment les cancers du poumons.

Le site de Gennevilliers a collecté les résultats de mesures de plusieurs campagnes et a permis d’établir une base de données évolutive. Bien sûr l’analyse des particules atmosphériques est une de leur activité principale. Les nanoparticules sont particulièrement difficiles à caractériser car ce n’est pas leur masse qui compte, mais leur nombre et leur nature.

La data base de Gennevilliers nous indique pour les nanoparticules des taux atmosphériques variant entre 10 000 et 60 000 particules par cm3 avec une moyenne de 30 000 p/cm3. Ces données sont une image de la situation sur cinq années, à des moments différents bien entendu.

La valeur de 30 000 p/cm3 peut donc être regardée comme représentative de l’environnement d’une grande ville.

Un individu moyen utilise pour sa respiration environ 15 000 m3 d’air par an. Il inhale donc une quantité considérable de « saletés », dont un grand nombre de nanoparticules, environ 4,5 x 10 E14, soit 450 000 000 000 000 nanoparticules chaque année.

( Quatre cent cinquante mille Milliards )

. Ce nombre est un défi à l’imagination, et échappe à toute représentation compréhensible. Il est, au sens propre du terme, incroyable.

De par leur taille ces particules peuvent atteindre les alvéoles pulmonaires et s’y déposer. Heureusement l’appareil respiratoire comporte un système de filtrage très efficace, qui s’est adapté au cours de l’évolution pour une bonne élimination des particules naturellement présentes dans l’atmosphère. Mais les nanoparticules artificielles sont si ténues que notre filtrage bronchique n’est plus assez efficace et en laisse passer une partie qui se logent dans les alvéoles. Et là le système ultime de défense intervient pour évacuer les intrus, ce sont les macrophages, cellules présentes dans chaque alvéole pulmonaire pour constituer une sorte de garde rapprochée qui se sacrifie pour défendre la fine membrane qui sépare le monde extérieur de l’intérieur des vaisseaux capillaires assurant les échanges gazeux avec l’atmosphère. Chaque macrophage est une espèce de poubelle ambulante ( il se déplace sur des pseudopodes) qui saisit les détritus ( microbes, bactéries, virus, germes divers, nanoparticules ) et les détruit avant d’expulser les restes. Dans les poumons ils sont présents en embuscade aux endroits stratégiques : dans les alvéoles, dans la zone interstitielle, dans la zone intra vasculaire, prêts à intervenir. Chaque macrophage est capable de détruire un certain nombre d’agresseurs avant de succomber lui-même et d’être évacué par d’autres macrophages. Leur durée de vie est d’environ 50 jours dans les poumons. Ils sont présents également dans tout le corps.

Ce système de défense est efficace à trois conditions: La première condition est que le mécanisme immunitaire chargé de la gestion entre autres de l’activation des macrophages soit en bon état, la seconde est que le flux des éléments parasites entrants ne dépasse pas un certain seuil, et la troisième suppose que les particules parasites ne soient pas porteuses d’une signature pouvant être confondue avec celle d’un élément admis à traverser la membrane.

Les enfants sont comme toujours les plus fragiles.

Sachant que 450 000 Milliards de nanoparticules de toutes natures vont être inhalées par un individu au cours d’une année dans une grande ville, on imagine aisément qu’un grand nombre d’entre elles vont passer la barrière de protection physiologique.

Dans le communiqué de Presse du Mercredi 28 Juillet 2010, émanant du Secrétariat d’Etat chargé de l’Ecologie, on peut lire ceci:

« Les dépassements de particules seraient, selon les travaux de l’OMS, la cause de 400 000 morts prématurées par an en Europe, dont environ 42000 en France. »

Il n’est donc plus nécessaire de demander à Tonton pourquoi il tousse, nous savons désormais pourquoi.

La saga continue, l’histoire se répète: Nos anciens ont connu la Silicose (qui sévit encore), certains d’entre nous souffrent de l’Asbestose, vous autres avez reçu en cadeau les nanoparticules avec lesquelles il vous faudra composer.

A chaque génération son paquet cadeau. Tout progrès technique serait donc accompagné d’une malédiction.

On connaît, certains ont payé le prix fort pour cela, les dégâts causés par l’introduction de corps étrangers dans l’appareil respiratoire. La Silicose et l’Asbestose sont encore présentes à nos mémoires. On connaît moins les ravages causés par le Radon qui, selon l’OMS, est la deuxième cause de mortalité par cancer du poumon, la première cause restant le tabagisme.

Les effets à long terme de l’inhalation des nanoparticules ne sont pas prouvés, leur généralisation étant encore trop récente, mais des études de toxicologie ont montré leur influence certaine dans différents processus physiologiques.

Tout est dit, ou presque, dans l’ouvrage suivant: « les nanoparticules, un enjeu majeur pour la santé au travail ? » ISBN : 978-2-86883-995-4

Pour le moment la seule parade connue contre les nanoparticules est la fuite vers des sites naturels encore épargnés, à condition toutefois de ne pas s’y rendre en 4 x4, de jeter son paquet de cigarettes, et d’éviter certaines zones où le taux de Radon naturel est dissuasif…

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