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13 janvier 2014 1 13 /01 /janvier /2014 18:52

13 Janvier 2014

Les société dites « occidentales » se sont édifiées sur le concept de progrès technique lui-même fondé sur le développement des sciences. Le mode de vie résultant est, à tort ou à raison, devenu un modèle pour les peuples laissés pour compte qui ambitionnent d’y accéder et frappent à la porte de la société de consommation.

Cette revendication se heurte à un obstacle majeur potentiellement générateur de conflits destructeurs. Le progrès technologique tant convoité exploite et épuise les ressources minières et énergétiques de la planète. Les experts s’accordent à considérer que ces ressources sont déjà exploitées au-delà du raisonnable, et que les réserves ne permettent pas d’étendre le bénéfice du progrès technique actuel à l’ensemble des peuples, et qu’elles sont même en voie d’épuisement au rythme actuel du pillage, avant même d’envisager de les partager.

L’Humanité est donc confrontée à l’exigence d’un transfert de technologie pour lequel les connaissances et les outils existent, mais les ressources minières et énergétiques sont absentes.

Pour la première fois de son histoire l’Homme occidental doit assumer les conséquences de ses actes vis-à-vis des autres peuples, apprendre à partager des ressources qui ne sont pas inépuisables, et se préparer à développer un nouveau mode de vie qui ne soit pas fondé sur le pillage des richesses de la planète et la destruction de son environnement.

C’est la survie de la civilisation technologique qui est en jeu.

( Certes l’Humanité survivra, mais dans un état que l’on préfère ne pas avoir à imaginer).

La prise de conscience de cette situation inédite n’est pas spontanée chez les peuples nantis. La société de consommation qui submerge l’individu de produits et de services gros consommateurs d’énergie et de matières ne prépare pas les esprits à se remettre en question et encore moins à se serrer la ceinture.

Deux évènements planétaires sont en passe de bousculer cette inertie et de créer les conditions d’un changement de modes de vie. Le premier est le changement climatique dû à l’effet de serre amplifié par les activités humaines, le second est la relative imminence de l’épuisement des sources fossiles d’énergie.

La révélation, ou la prise de conscience, de ces deux menaces a suscité de grands espoirs de voir enfin s’amender les comportements excessifs des pays développés. Si l’idée de la nécessité d’un changement radical de nos modes de vie est effectivement partagée par une majorité, la mise en pratique des réformes indispensables se heurte à de nombreux obstacles dont le moindre n’est pas le montant colossal des investissements nécessaires.

La tentation est donc grande d’attendre pour entreprendre cette révolution que surviennent des circonstances extrêmes ne laissant aucun doute sur la matérialité des menaces climatique et énergétique. Et il faut bien reconnaître qu’aujourd’hui les échéances des catastrophes annoncées sont très incertaines, comme nous tentons de le montrer ci-après.

Durant la dernière décennie la température moyenne de la troposphère s’est refusée à manifester une quelconque tendance au réchauffement. Pire, une petite tendance à la baisse a pu même être constatée. Bien sûr il n’est pas « fair play » de juger d’une évolution de ce paramètre sur une période aussi courte, et les relevés des temps passés montrent bien de semblables fluctuations assimilables à du bruit de fond tel qu’on peut s’attendre à le constater sur un servomécanisme constitué par le système Terre-Atmosphère-Soleil- Zoosphère.

Après tout, des fluctuations de +/- 0,3 K sur une moyenne de 288 K, cela représente à peine un pour mille, ce qui satisferait pleinement un ingénieur responsable d’un tel système, pour autant qu’un tel personnage puisse intervenir en l’occurrence !

(En fait, un certain Lovelock n’est pas loin de ce concept puisqu’il postule l’existence d’une entité vivante dénommée GAIA, qui ne serait autre que notre mère la Terre, mais ne nous égarons pas…).

Cette apparente stabilité de la température est susceptible de jeter le trouble dans certains esprits simples. Et ceci malgré la ruse qui consiste à rapporter les variations de température observées non pas à la valeur réelle moyenne de 288 K, mais à la valeur de 15 °C, ce qui ramène les fluctuations de +/- trois pour mille à +/- 2 pour cent, chiffre mieux à même d’alerter les foules peu préoccupées de savoir si l’on doit se référer au zéro thermodynamique ou à la température de la glace fondante, pourquoi pas à celle de l’anisette de cinq heures !

Un certain Boltzmann doit se retourner dans sa tombe…

D’autant plus que la cohorte des sceptiques du NIPCC ne se prive pas de brandir des évaluations contradictoires fondées sur une utilisation plus nuancée de la relation de Myhre, assortie d’une prise en compte différente des rétroactions, qui conduit à un tableau beaucoup moins alarmiste des augmentations de températures prévues.

En bref, il y a un certain mou dans le consensus, ce qui au demeurant n’est pas contradictoire avec le débat démocratique, qui doit éviter tout dogmatisme.

Il n’est pas de notre compétence d’arbitrer ce débat politico-scientifique, mais nous devions signaler qu’il existe.

Hélas, ce n’est pas tout.

La deuxième raison invoquée pour justifier une prise de distance vis-à-vis des énergies fossiles est la menace d’une pénurie de pétrole ( le fameux « peak oil »).

Or que voyons-nous ?

La crise financière de 2008 s’est traduite entre autres par une multiplication par trois du prix du baril. ( Certains mauvais esprits avancent même que la crise, provoquée, n’avait pas d’autre but, encore la théorie du complot !). La barre des 100 dollars étant atteinte, il est devenu rentable d’exploiter tout ce qui, de près ou de loin, ressemble à du pétrole ou à du gaz. Le pétrole des grands fonds, les sables bitumineux et les gaz et huiles de schiste sont venus soutenir la production conventionnelle, et l’on retrouve même intérêt à fabriquer du carburant liquide à partir du Charbon dont les réserves sont immenses !

La pénurie est donc reportée à une date ultérieure. Sans parler bien sûr des empêcheurs de tourner en rond qui évoquent la possibilité d’un pétrole abiotique, mais ceci est une autre histoire.

Ce faisant on a pu voir le baril plafonner à $120, puis se mettre doucement à redescendre, le Brent est aujourd’hui à $107. Et le Gaz de schiste se porte bien, merci. Ce n’est pas la Compagnie française TOTAL qui dira le contraire, si l’on en juge d’après ses récents engagements financiers.

La perspective du réchauffement climatique n’est certes pas niée, non plus que l’inéluctabilité de l’épuisement des sources fossiles d’énergie, mais de nombreux décideurs sont naturellement portés à considérer que la catastrophe énergétique annoncée n’est probablement pas pour demain matin, et que l’échéance de l’apocalypse climatique n’est pas davantage imminente.

Le franchissement de la barre des 100 Dollars pour le baril n’a donc pas suffit à calmer les appétits énergétiques, et de plus l’effet pervers de cette hausse sur l’augmentation des réserves exploitables enlève un peu du caractère dramatiquement urgent de la menace de pénurie.

La ruée attendue vers les énergies nouvelles a donc pris le caractère d’une réorientation stratégique sur le long terme plutôt qu’une mobilisation pour un sauve-qui-peut tous azimuts probablement contre-productif. Plutôt qu’imposer au malade une saignée qui aurait toutes chances de conduire à une issue dramatique, en tous cas incertaine, il semble que l’on s’achemine vers un traitement homéopathique assorti d’une hygiène de vie fondée sur la sobriété.

Dans le domaine de l’Energie, comme ailleurs hélas, les décisions sont prises par les grands groupes industriels et financiers, pour qui les péripéties climatiques ne sont que des variables d’ajustement des marchés et les énergies nouvelles des opportunités à analyser pour en évaluer l’éventuelle rentabilité financière.

On a pu ainsi constater que la fonte des glaces polaires, considérée par les écologistes comme dramatiquement démonstrative de la catastrophe climatique, est au contraire saluée par les grandes compagnies comme favorable aux échanges commerciaux raccourcis et à l’exploitation de nouveaux gisements d’hydrocarbures devenus soudain accessibles !

Il se confirme donc de plus en plus que non seulement les ressources d’hydrocarbures seront bien consommées jusqu’à la dernière goutte, mais que le Charbon lui-même n’échappera pas à la curée puisque c’est de lui que nous tirerons les carburants liquides lorsque le pétrole sera asséché.

Il faudra donc nous accommoder du CO2 associé à cette orgie énergétique, en espérant que les augures du GIEC ont forcé sur le pessimisme et que le forçage radiatif du CO2 sera moindre que prévu.

Dans le cas contraire il y aurait lieu de considérer très sérieusement les stratégies de capture et séquestration du Carbone.

Mais qui s’en soucie réellement ?

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