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2 janvier 2014 4 02 /01 /janvier /2014 15:35

2 Janvier 2014

Les vœux du Président sont assortis des promesse habituelles, dont celle de lancer la transition énergétique. Promesse saisie au vol par les écologistes qui ne manqueront pas de suivre attentivement ces opérations de lancement attendues depuis si longtemps.

Entre la lutte contre le CO2, la préparation à la pénurie d’énergies fossiles, la chasse aux pollutions, la recherche de la sobriété énergétique, l’indépendance vis-à-vis des sources extérieures, l’interdiction des gaz de Schiste, le rejet du Charbon et le statut improbable du Nucléaire, il est devenu difficile de discerner les priorités et l’on comprend la perplexité d’un Gouvernement qui se trouve dans la situation d’une poule qui a trouvé un couteau, et qui de surcroît manque du premier euro pour investir dans des projets certes grandioses, mais dont les retombées ne se feront sentir que dans quelques décennies.

Et l’Homme Politique n’aime pas planter des arbres dont les fruits seront récoltés par d’autres.

A la décharge du dit Gouvernement il faut préciser que les consommateurs, qui exigent d’un côté une mutation vers les énergies renouvelables, refusent énergiquement par ailleurs de les payer plus cher pour financer les investissements indispensables.

La tentation sera donc grande de disperser de maigres efforts d’investissement sur des projets multiples d’intérêt local et de communiquer sur ce qui pourrait passer pour une transition énergétique et ne serait qu’une vaste campagne de communication cachant une politique de fond conservatrice demeurant fondée sur les fossiles et le nucléaire.

Il faudra donc trier le bon grain de l’ivraie et tâcher de ne pas prendre des vessies pour des lanternes.

Voici un exemple des ruses à éventer:

La mise en service d’un nouveau parc éolien, aussi modeste soit-il, est fréquemment saluée par des éloges dithyrambiques associant la puissance de l’installation au nombre de foyers susceptibles d’être alimentés en électricité, et les chiffres ne manquent pas d’impressionner le lecteur peu attentif qui peut en conclure hâtivement que notre problème énergétique sera facilement résolu par le recours généralisé à cette technologie si efficace.

Choisir le nombre de foyers alimentés comme paramètre d’efficacité de l’installation nécessite pour le moins de préciser la consommation moyenne des foyers considérés pour le petit calcul.

Le Centre d’Etudes et de Recherches Economiques sur l’Energie (CEREN) indique que la consommation moyenne des foyers français est de 2 700 KWh par an hors chauffage, eau chaude sanitaire, et autres usages pouvant recourir à d’autres énergies.

Pas question de voiture électrique, ni même de pompe à chaleur, qui pourtant sont considérés comme essentiels dans la future stratégie de transition!

Cherchez l’erreur…

Etendue aux 30 millions de foyers/ménages cette consommation de 2 700 KWh correspond à une dépense globale de 80 TWh, soit moins de 17% de la consommation nationale d’électricité. Cette image rassurante donne une idée fausse de la situation réelle de nos besoins énergétiques.

Les individus ont une vie en dehors de leur logement. Ils ont une activité professionnelle, des loisirs, utilisent des équipements collectifs, se déplacent en train, en tramways, en métro, qui consomment de l’électricité.

La France consomme ainsi chaque année 480 TWh électriques, dont plus de la moitié est directement à notre service, le reste l’étant plus ou moins indirectement, comme par exemple l’électricité consommée pour fabriquer les aciers et alimenter les usines qui fabriquent nos automobiles.

L’énergie électrique moyenne rapportée à un foyer est donc plus proche de 16 000 KWh que des 2 700 alloués chichement pour le seul domicile.

Mais ce n’est pas tout ! En effet, l’électricité ne couvre aujourd’hui que le tiers de nos besoins d’énergie finale, le reste est couvert par la combustion des sources fossiles (et en partie par le bois énergie et un peu de méthanisation). Et l’on sait que les sources fossiles devront être progressivement remplacées par des renouvelables, qui fournissent en majorité de l’électricité.

Même compte tenu des économies programmées, la moyenne de consommation rapportée à un foyer dépassera alors 30 000 KWh par an. La norme actuelle de 2 700 KWh par foyer n’est donc pas représentative et présente le risque de conduire à une mauvaise appréciation du problème de la transition énergétique en laissant croire que quelques éoliennes et quelques parcs photovoltaïques suffiront à résoudre le problème.

Le réveil sera d’autant plus difficile…

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