Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
18 janvier 2014 6 18 /01 /janvier /2014 17:38

18 Janvier 2014

L’obscure clarté dans laquelle jusqu’à présent a baigné la stratégie de transition énergétique n’a pas permis de distinguer des objectifs précis susceptibles d’orienter un tant soit peu les choix techniques des industriels et surtout des PME.

Seules les grandes compagnies, dont le « terrain de jeux » dépasse largement les frontières de l’Hexagone, sont capables d’une stratégie planétaire autonome et même parfois à l’opposé des choix nationaux. C’est ainsi que l’on peut voir TOTAL investir à l’étranger dans les gaz de schiste alors que le Gouvernement français réitère son opposition à leur exploitation sur le sol national ( en tout cas jusqu’à aujourd’hui…), et le couple EDF et AREVA innover avec ardeur dans le secteur nucléaire sur le territoire malgré l’engagement de retrait progressif de la puissance publique ( Il est vrai que le terme « retrait » n’a jamais été formellement utilisé).

Les « petits » industriels, qui n’ont pas encore le poids financier suffisant pour jouer dans la cour des grands, ne peuvent qu’attendre l’arme au pied de problématiques décisions de l’Etat sur les axes qu’il a l’intention de soutenir par une politique d’incitation, voire de subvention, et en espérant un minimum de continuité dans la stratégie du Château.

Il s’ensuit que le développement des énergies durables doit davantage aux politiques de rachat de l’énergie produite qu’à une réelle stratégie de long terme. Une affaire d’aubaines plus qu’un choix d’avenir raisonné, pas de quoi construire une industrie porteuse d’emplois pérennes.

Côté pratique la transition énergétique est généralement vue comme une affaire d’éoliennes, de panneaux solaires, d’usines de méthanisation des déchets, de centrales à bois énergie, de géothermie, d’hydroélectricité et de biocarburants, ou de poêle flamme verte.

Toute cette quincaillerie est l’arbre qui cache la forêt. La réalité est différente.

Les outils pour extraire de l’énergie des sources renouvelables et décarbonées ou à Carbone recyclable existent déjà et leur technologie ne pose plus problème, la « quincaillerie » est disponible. Pour quelques millions d’euros il est possible d’acquérir des éoliennes de puissances variées jusqu’à 6 MW, d’installer un parc photovoltaïque, de construire une centrale hélio thermodynamique, une unité de méthanisation, une installation de chauffage collectif à bois ou une pompe à chaleur, une unité de production de biocarburant, voire même une petite centrale hydroélectrique ou un simple poêle à bois performant. Tout cela figure dans les catalogues de différents constructeurs.

Alors, pourquoi n’assistons-nous pas à un boom des énergies nouvelles ?

Un examen impartial de la situation permet de mettre en évidence deux problèmes importants encore non résolus à ce jour, il s’agit de la réduction drastique des émissions de CO2, et du stockage de masse de l’électricité.

Faute de solutions satisfaisantes à ces deux problèmes la transition énergétique n’atteindra pas les buts recherchés et restera une affaire de « bricolage » local, voire même un business de chasseurs de prime.

En effet, de quelle utilité serait le développement massif des énergies nouvelles si le taux de CO2 atmosphérique continuait d’augmenter au rythme actuel, et si l’électricité produite par nos belles machines devait être coupée faute de pouvoir être stockée pour compenser l’intermittence ?

Malgré les mises en garde du GIEC suivies des accords internationaux sur les réductions des émissions de GES, il est désormais évident que les sources fossiles d’énergie seront utilisées jusqu’à leur complet épuisement.

Selon les experts du GIEC, si les émissions de CO2 ne sont pas maîtrisées, le réchauffement de la troposphère pourrait atteindre 4 à 6 °C à la fin de ce siècle, avec les conséquences catastrophiques que l’on peut imaginer.

Les instances internationales n’ont pas le pouvoir d’imposer au monde une diète énergétique sur les fossiles, la seule voie de salut reste donc l’élimination du CO2 émis ou son enfouissement pour une durée de plusieurs siècles au moins.

De nombreux programmes d’études ont été lancés pour valider diverses solutions et construire des démonstrateurs autour de la solution privilégiée, l’enfouissement du CO2 après captation à la source.

Les sites d’enfouissement envisagés sont les aquifères salins, les gisements de gaz naturel ou de pétrole épuisés, ou certaines mines de Charbon ( Les mines déjà exploitées ne conviennent pas à cause des nombreuses fuites).

On retrouve les mêmes inconvénients que pour l’exploitation des gaz de schiste, avec en plus deux ou trois petites choses qui aggravent la situation:

- Le coût de la séparation du CO2 des gaz de combustion est important, en proportion de la pureté nécessaire notamment l’élimination des métaux lourds qui pourraient polluer les sols et les nappes aquifères.

- Les fuites sont rédhibitoires, sous peine d’annuler à long terme l’effet de l’enfouissement.

- Les fuites accidentelles massives sont létales par asphyxie pour les populations environnantes.

- Le transport du CO2 vers les sites d’enfouissement ( Gazoduc, ou transport par bateau ) représente un coût important supplémentaire.

- Le procédé n’est applicable qu’aux installations fixes importantes. Les secteurs des transports et des applications domestiques ne pourront en bénéficier.

- Le captage, les traitements, le transport, l’enfouissement, sont eux-mêmes gros consommateurs d’énergie.

- les sites d’enfouissement doivent faire l’objet d’une gestion et d’une surveillance sur plusieurs centaines d’années, ce qui représente des problèmes géologiques, juridiques, et de coût élevé, non encore résolus.

- L’enfouissement sous pression dans des gisements d’hydrocarbures épuisés fera ressurgir du pétrole commercialisable qui permettra de financer le surcoût mais sera générateur à son tour de CO2 supplémentaire, annulant ainsi en partie le bénéfice écologique de l’opération.

L’opération CSC ( Capture et Séquestration du Carbone) est donc loin d’être validée et encore plus loin d’être opérationnelle, sûre et financièrement supportable, sans parler des problèmes d’acceptabilité par les populations.

Peu d’espoir donc de voir avant longtemps des pompes à CO2 agir significativement sur le taux atmosphérique.

Le second problème non résolu de la transition énergétique est l’absence d’une technologie permettant le stockage de masse de l’électricité pour compenser l’intermittence de la production solaire et éolienne.

Ce problème est aujourd’hui masqué par le recours aux centrales thermiques en relève de la production éolienne ou solaire, qui sont encore très minoritaires.

Il existe certes sur le papier des solutions de rechange comme les installations de pompage-turbinage ou la filière Hydrogène, mais le passage à la réalité est plus que problématique.

Or, dans un avenir sans Charbon et sans Hydrocarbures la relève sera impossible si l’électricité ne peut être stockée. A moins de recourir au nucléaire…

On ne peut que constater ces problèmes de fond, dont la prise de conscience permet de comprendre, tout en le déplorant, que les énergies fossiles ont encore de beaux jours devant elles.

Alors, la transition énergétique, rendez-vous en 2050 ?

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de doc zaius
  • : Suivi des problèmes environnementaux du moment. Analyses techniques . Comptes rendus avancements projets.
  • Contact

Recherche

Liens