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11 décembre 2013 3 11 /12 /décembre /2013 19:26

~L’énergie électrique, une denrée difficilement maîtrisable.

11 Décembre 2013

Voici le relevé de notre consommation d’électricité de la dernière décennie:

2000 441 Twh ( Tera Watt-heure = 1 Milliard de kWh)

2005 472 ---

2008 486 ---

2009 479 ---

2010 490 ---

2012 480 ---

( Source RTE)

On peut constater une stabilisation de la demande autour de 480 TWh sans que l’on puisse l’attribuer à des comportements vertueux ou à la crise économique, les deux facteurs ayant probablement contribué aux résultats.

La campagne en faveur de l’isolation des logements, les règlementations thermiques du bâtiment de plus en plus sévères, la généralisation de l’éclairage basse consommation, le recul du chauffage électrique, l’amélioration des performances énergétiques des appareils domestiques, et l’augmentation du coût de l’énergie chargée des contributions et taxes spécifiques, ont permis de maîtriser la course au gaspillage.

Mais l’augmentation du nombre des ménages, la demande accrue de confort, l’accroissement du marché des communications et de l’audiovisuel, et l’essor de la pompe à chaleur contribuent à maintenir une demande forte malgré la crise économique. Et le développement de la climatisation et de la voiture électrique n’iront pas dans le sens d’une réduction de la consommation.

Une éventuelle sortie de crise se traduirait par une croissance de la demande ( par définition !), ce qui rend problématique une stratégie qui serait basée sur une réduction significative de la consommation au cours de la prochaine décennie.

Sauf à considérer le prolongement de la crise comme un élément de la stratégie, hypothèse évidemment écartée !

Notre consommation actuelle d’électricité correspond à une puissance moyenne égale à

55 GW ( Giga Watt = 1 million de KW ). Mais il s’agit d’une moyenne et, comme toutes les moyennes, elle cache de grandes disparités.

ERDF fournit un état en temps réel de la demande électrique. On y constate des écarts considérables journaliers, saisonniers et annuels. L’outil de production doit être capable de répondre à la demande avec un temps de réponse aussi court que possible. Pour cela il faut des installations très réactives et un bureau des prévisions très performants.

La puissance des installations doit être adaptée au pic de la demande, et c’est là que la bât blesse.

Voici le relevé des pics de consommation électrique constaté depuis 2001:

2001 79,6 GW

2002 79,7 ---

2003 83,5 ---

2004 81,4 ---

2005 86 ---

2006 86,3 ---

2007 89 ---

2008 84,4 ---

2009 92,4 ---

2010 96,7 ---

2011 91,8 ---

2012 102 ---

Les chiffres parlent d’eux-mêmes.

Lissée des variations saisonnières, l’augmentation est de 16% sur la période considérée alors que la moyenne de consommation reste stable.

C’est bien de maîtriser la consommation annuelle globale, mais tolérer des pics de demande de presque le double de la moyenne, cela oblige à mobiliser des moyens de production surpuissants générateurs d’un surcoût important pas toujours compensé par l’exportation de la capacité excédentaire en période de faible demande intérieure.

Si ces variations erratiques de la demande pouvaient être éliminées, la puissance nécessaire serait de 55 GW seulement et non pas 95 GW voire davantage comme en 2012. Ce qui permettrait d’économiser des moyens de production, notamment quelques réacteurs nucléaires et quelques centrales thermiques.

On est donc contraints de maintenir un outil de production pléthorique pour être à même de répondre aux pics de consommation.

D’autre part, compter sur nos voisins pour nous vendre l’électricité qui nous ferait défaut pour passer les pics serait une stratégie douteuse car en Europe tout le monde aura le même problème.

L’arrivée des sources renouvelables d’énergie électrique aggrave le problème à cause des fluctuations de leur production en fonction des conditions météo et de l’alternance jour-nuit, fluctuations évidemment non synchronisées avec la demande !

Pour toutes ces raisons la stratégie de transition énergétique restera en panne tant que ne seront pas mis en œuvre deux démarches fondamentales:

La première concerne le contrôle interactif de la consommation électrique grâce au réseau intelligent (Smart Grid) seul à même de gérer la demande pour l’adapter à l’offre fluctuante. La seconde concerne le stockage de masse de l’électricité.

La première démarche est déjà entreprise par ERDF qui implante le premier maillon, le compteur Linky. La pose des 35 millions de compteurs interactifs est programmée pour être achevée à l’horizon 2020.

La seconde démarche ne sera entreprise que lorsque des solutions industrielles seront disponibles et les besoins mieux définis.

Il est important de remarquer que le déploiement des énergies nouvelles ne sera possible sur une large échelle que lorsque les deux démarches ci-dessus seront accomplies.

D’ici là leur contribution ne peut être que marginale.

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