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21 novembre 2013 4 21 /11 /novembre /2013 19:13

Controverse autour d’un non réchauffement.

23 Novembre 2013

Il y a du bruit dans le Landerneau de la climatologie.

Les relevés de température atmosphérique moyenne de la période 1998-2010 témoignent d’une évidente stabilité qu’il est difficile de glisser sous le tapis.

Après lissage des fluctuations, la valeur moyenne trouvée se maintient dans une fourchette inférieure à 0,1 °C, avec même une tendance à la décroissance selon certaines sources, notamment le Hadcrut.

Les modèles informatiques du GIEC avaient annoncé un réchauffement de 0,2 °C par décennie, mais Dame Nature en a apparemment décidé autrement.

Bien sûr les mauvaises langues vont bon train, certains font des gorges chaudes au sujet d’un réchauffement à tendance glaciaire, sur l’air de « On vous l’avait bien dit ».

Il y a certes une explication officielle. Les fluctuations de température observées habituellement sont le résultat de divers forçages radiatifs naturels et anthropiques, qui interviennent dans des boucles de rétroaction positives ou négatives. A un moment donné le résultat de toutes ces influences peut être positif ou négatif, conduisant à un accroissement ou une diminution de la température.

Tout cela est parfaitement naturel et conforme à ce qu’on peut attendre d’un système thermodynamique aussi complexe que celui qui régit le climat.

Les climatologues se sont donné pour objectif de prévoir l’évolution du climat à partir des connaissances passées et actuelles du système atmosphérique, incluant l’ensemble des phénomènes susceptibles d’influencer les éléments dans un sens ou dans l’autre.

Il s’agit non seulement de prévoir les variations du climat mais aussi, et surtout, les conséquences de ces variations sur l’environnement des espèces vivantes, et sur les espèces elles-mêmes.

Le paramètre choisi pour témoigner de l’évolution climatique est la température moyenne de la basse atmosphère. Ce choix n’est pas forcément le meilleur, mais il a le mérite d’être simple, clair, et de correspondre à une grandeur familière et médiatisée dans les bulletins météo.

( Les phénomènes climatiques extrêmes comme les Ouragans ou les tornades, sont en relation avec la composante cinétique macroscopique de l’énergie interne de l’Atmosphère, qui n’est qu’une faible part de l’énergie interne totale. Une augmentation significative de cette énergie cinétique auraient de graves conséquences climatiques sans forcément influer notablement sur la température, qui resterait relativement stable. D’où l’intérêt de ne pas s'intéresser seulement à la température).

Les indications fournies par les modèles informatiques sont des tendances générales sur des durées significatives de plusieurs décennies. Elles n’excluent pas la possibilité d’écarts dans un sens ou dans l’autre sur certaines périodes. La précision des modèles informatiques et les valeurs des paramètres y entrés ne sont pas suffisantes pour pouvoir garantir une image fidèle de la réalité à tout moments.

Lorsque la durée de ces « déviances » n’excède pas quelques années, il n’y a pas lieu de s’inquiéter, le modèle n’est pas mis en cause.

Par contre lorsque l’écart persiste pendant plus de dix ans, il y a lieu de se poser des questions. On doit rechercher une cause possible de divergence des résultats en analysant la vulnérabilité des hypothèses initiales, y compris le choix de la température comme critère d’évaluation du changement climatique. Ce travail contribue à renforcer la robustesse du modèle.

Bien sûr si l’écart persiste plusieurs décennies, c’est l’ensemble du modèle qui est remis en question.

Nous n’en sommes pas encore là…

Notre propos n’est pas de prendre parti dans cette controverse byzantine, mais d’attirer l’attention sur les ordres de grandeur du sujet de la querelle.

Pour affirmer avec quelque vraisemblance que la température de l’Atmosphère a varié de par exemple 0,2 °C , il faut être capable de mesurer la dite température avec une précision absolue de l’ordre de +/-02 °C. C’est le critère que l’on retient habituellement dans un labo de mesures, l’erreur systématique doit être inférieure au dixième de la grandeur mesurée.

L’Atmosphère est un système thermodynamique dont la température est référencée non pas à celle de la glace fondante ( Echelle Celsius), mais au zéro absolu, qui est égal à - 273,15 °C.

Une variation de 0,2 °C de la température atmosphérique correspond donc à une variation relative de 0,2 / 300 puisque la vraie température moyenne est égale à 300 K. ( en Kelvin).

( La Loi de Stefan-Boltzmann ne connaît pas les degrés Celsius, elle ne fonctionne qu’avec les températures absolues. Or c’est elle qui définit les températures des corps rayonnants, dont notre Planète).

Ce qui nous donne une précision de 6,6 dix millièmes ( 6,6/10 000).

Nous sommes donc en train de « chipoter » sur des dix millièmes de degrés de température absolue, alors que personne ne peut valablement mesurer de tels écarts, surtout s’agissant d’une valeur moyenne, et dans un système thermodynamique complexe en fluctuation permanente.

Il est donc peu pertinent de porter la querelle sur des poils de cheveux coupés en 6,6, il est probablement temps de rechercher d’autres manifestations plus évidentes de la menace climatique et surtout tâcher de s’en protéger.

Par exemple interdire les constructions en zones inondables, améliorer les protections des installations portuaires, réduire nos consommations énergétiques, préparer l’après pétrole, revoir les normes de construction pour résister aux tornades, suivre de près les changements de l’environnement pour adapter les cultures vivrières, contrôler l’exploitation des forêts, mesurer les évolutions des espèces marines, connaître les niveaux des océans, l’acidité des eaux, le régime des glaces, etc…

Toutes choses qui peuvent donner des indications sur le changement climatique beaucoup mieux que la recherche d’un huitième de poil de degré de variation d’une température moyenne insaisissable.

Songeons un instant que l’on ne connaît pas encore exactement la valeur du flux géothermique, alors qu’il intervient dans le bilan radiatif duquel dépend la température atmosphérique.

Rappelons aussi que la vapeur d’eau est le principal acteur de l’effet de serre, et que le rôle exact des nuages est encore controversé dans certains aspects non négligeables.

Et enfin gardons à l’esprit que le réchauffement mesuré ne cadre pas avec les calculs. Une part importante de la chaleur semble avoir disparu.

Et personne ne sait où…

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