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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 13:58

Réacteurs nucléaires: le coût de la mise en sécurité.

16 Octobre 2013

Il est admis, une fois pour toutes, que la sécurité d’une filière de production électronucléaire ne peut pas être assurée à 100%.

Pas plus d’ailleurs que le transport routier, aérien, naval ou ferroviaire, comme le démontrent les statistiques.

Mais l’accident nucléaire a ceci de particulier que ses conséquences ne sont pas limitées, ni dans le temps ni dans l’espace, ce qu’aucune statistique ne saurait prendre en compte.

Le déraillement d’un train est une catastrophe pour les victimes et leurs proches, mais il n’entraîne aucune conséquence fâcheuse immédiate ou future au-delà du secteur concerné.

Il n’en va pas de même pour un accident nucléaire, qui entraîne des dégâts sur une aire géographique à la fois étendue et imprévisible, et dont les effets perdurent sur des durées parfois incommensurables.

D’autre part, les catastrophes de Tchernobyl et Fukushima ont montré à chaque fois de graves lacunes dans la maîtrise humaine des processus, voire même une insuffisance caractérisée des dispositions pour la prévention de ces accidents.

Enfin, le suivi de la gestion des conséquences de ces drames a mis en évidence un manque de compétences et de moyens, et une absence de transparence de nature à aggraver les suites plutôt que les atténuer.

Tout cela, porté à la connaissance du grand public par les moyens d’information modernes, induit une méfiance justifiée au sein des populations qui, a juste titre, refusent d’accepter la simple statistique comme critère unique de sécurité.

Les résultats des « stress tests » effectués sur les réacteurs à la suite de la catastrophe japonaise confortent les populations dans leur attitude de méfiance.

En effet, ces tests soulignent la nécessité de réaliser des travaux de sécurisation afin de porter le niveau de sureté à une valeur compatible avec les nouvelles exigences révélées par Fukushima.

Ce qui signifie en clair que les risques avait été gravement sous-estimés lors de la conception des installations !

Voilà qui n’est pas de nature à rassurer le voisinage…

Sans entrer dans des détails fastidieux, disons que le risque principal, la rupture de cuve, avait été simplement dénié !

Mais, puisqu’il semble que nos « vieux » réacteurs vont continuer à fonctionner, il va donc falloir mettre la main à la poche pour financer les travaux de consolidation.

Combien tout cela va-t-il nous coûter ?

En matière d’énergie les chiffres manipulés sont toujours colossaux. Les évaluations du programme de sécurisation sont en train de s’envoler, on parle aujourd’hui d’une enveloppe globale de près de cent Milliards d’euros.

On sait que, dans ce genre de prévisions, c’est comme au restaurant, il faut ajouter les vins, les desserts, le café et le service, la note est facilement doublée.

Nous tablerons donc sur 100 Milliards pour donner une nouvelle jeunesse à la vingtaine de réacteurs concernés afin qu’ils soient autorisés à fonctionner encore dix ans.

Cet argent ne sortira pas d’un chapeau, il faudra l’emprunter à un taux d’environ 3%.

Chacun de ces réacteurs peut fournir environ 6 TWh d’électricité par an, ce qui nous fait en gros 1 200 TWh sur dix ans.

L’amortissement sur dix ans des dépenses de lifting, reporté sur la production, sera donc de 0,10 euro par KWh, intérêts compris.

Somme qui, bien entendu, sera portée sur votre facture, partie sur la consommation et partie sur la CSPE ou sa remplaçante.

Le concept de nucléaire bon marché en prend un sérieux coup.

Et n’oublions pas que, dans le même temps, il faudra donner quelques sous supplémentaires pour la construction des EPR ( 8 Milliards pièce), et participer financièrement au développement des énergies durables.

Tout le monde ne peut pas, comme madame Merkel, remplacer le nucléaire par du charbon, ou comme Monsieur Obama, puiser du gaz de schiste dans son sous-sol…

Question de standing.

A moins que ce coût exorbitant reste en travers de la gorge des opposants au nucléaire qui, non contents de devoir accepter la poursuite de l’exploitation des vieilles centrales, se voient taxer durement d’un montant qu’ils auraient bien vu consacré aux énergies nouvelles.

De belles joutes en perspective…

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