Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 09:58

La traçabilité des énergies vertes, un challenge.

11 Octobre 2013

Aujourd’hui l’électricité représente environ le quart de notre consommation totale d’énergie finale, le pétrole, le Gaz, et le charbon se partageant le reste, avec le bois énergie pour lequel il n’existe pas de statistique fiable.

Le mix électrique français est constitué pour 77% par le nucléaire, pour 10% par les fossiles ( Gaz et fuel) et 13% pour les renouvelables L’hydraulique compte pour 10% et les énergies nouvelles pour 3%, ces 3% sont obtenus par le cumul de l’éolien, du solaire, des centrales au biogaz.

Sur le réseau, rien ne distingue un kWh produit par une centrale à charbon, à fuel, à Gaz, ou nucléaire, d’un autre qui serait issu d’une éolienne ou d’une centrale hydroélectrique.

Le consommateur qui achète une voiture électrique pour contribuer à la transition énergétique et/ou lutter contre la pollution au CO2 n’acceptera pas (Si son comportement est cohérent) de recharger sa batterie sur une prise qui serait alimentée en électricité par une centrale à gaz ou a fuel.

Ce même consommateur, s’il est écologiste militant et donc antinucléaire et fervent adepte des énergies vertes, exigera qu’on lui fournisse une électricité de noble origine ( mais ira-t-il jusqu’à accepter de la payer plus cher ?).

Pour satisfaire cette demande il est nécessaire de créer un système de traçabilité de l’électricité, une sorte de certificat d’origine des kWh achetés.

Le problème n’est pas simple. Si l’on peut suivre la trace d’une vache grâce à une puce ou une étiquette fixée sur l’animal, un kWh n’est pas aussi complaisant, sa provenance est impossible à déterminer, la qualité des électrons étant indépendante de la façon dont ils ont été animés.

Puisqu’il est impossible de valoriser le produit (kWh) en lui-même, c’est vers le producteur qu’il faut se tourner.

Le kWh vert prend naissance chez le producteur qui a choisi d’investir dans les énergies renouvelables ou de cogénération: Eoliennes, Solaire, Hydraulique, etc…

Ce kWh est acheté par un fournisseur (EDF plus une douzaine d’autres ) et injecté dans le réseau ERDF (le seul qui existe et qui collecte donc tous les kWh).

Ce fournisseur revend à ses clients un kWh ( nécessairement anonyme) en leur apportant la garantie qu’un kWh équivalent a bien été produit à partir d’énergies renouvelables.

Cette garantie étant représentée par un « certificat de garantie d’origine » .

Moyennant quoi le client doit accepter de payer plus cher son électricité, sachant qu’on lui a garanti que le surcoût sera consacré au développement des énergies durables .

Evidemment tout cela ne fonctionne qu’à trois conditions:

La première est qu’il existe des clients assez magnanimes pour accepter de payer l’électricité plus cher ( Eh oui, l’électricité renouvelable est plus chère, encore une chose à laquelle le consommateur devra s’habituer)

La seconde est que la garantie de provenance soit autre chose qu’une arnaque.

La troisième est que le surcoût soit effectivement consacré au développement des énergies nouvelles.

Une première tentative a été faite avec les « certificats verts » délivrés aux producteurs d’électricité renouvelable. Les certificats étant négociables, le procédé s’est trouvé rapidement transformé en marché financier douteux grâce auquel certains industriels pouvaient à peu de frais « verdir » leur production.

L’affaire a donc tourné court et un autre système a été mis en place, il s’agit cette fois de garantir la proportion d’électricité provenant d’énergies renouvelables ou de cogénération.

Depuis Mai 2013 et pour cinq ans la gestion des garanties d’origine est en charge de Powernext, qui gère les comptes « électricité verte » ouverts par les producteurs intéressés, et qui s’assure que cette quantité d’électricité verte a bien été produite.

Il s’agit évidemment d’éviter l’effet « assignats » qui consisterait à émettre à tour de bras des certificats pour des quantités d’électricité verte qui ne seraient pas effectivement produites quelque part.

Le répertoire des garanties d’origine est constitué par le « Registre National des Garanties d’Origine » consultable sur le net.

Aujourd’hui la très grosse majorité des garanties d’origine concerne l’électricité d’origine hydraulique.

Reste à voir quelle compensation sera accordée au consommateur « bienfaiteur » des énergies vertes, sera-t-il dispensé de CSPE ? Aura-t-il droit à un crédit d’impôt ?

En France, plusieurs fournisseurs « alternatifs » proposent des contrats « Electricité verte » voire même du Gaz « compensé en carbone ».

On voit déjà fleurir des organismes indépendants qui proposent leur propre système de garanties d’origine, Greenpeace a le sien, de même que GDF-Suez, Enercoop, etc…qui utilisent des critères différents.

Le consommateur aura des difficultés à y comprendre quelque chose, c’est d’ailleurs probablement le but de la manœuvre.

C’est pourquoi nous reviendrons sur le sujet.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de doc zaius
  • : Suivi des problèmes environnementaux du moment. Analyses techniques . Comptes rendus avancements projets.
  • Contact

Recherche

Liens